dimanche, octobre 08, 2017

« L’homme de miel » d’Olivier Martinelli (France)

Jeudi dernier, chez Sauramps, une rencontre était organisée avec Olivier Martinelli à l’occasion de la sortie de son nouveau livre paru chez Christophe Lucquin Éditeur. D’ordinaire, Olivier, fan de Salinger et de Fante, est un auteur de romans et de nouvelles. Là, c’est plutôt un petit ovni qu’il est venu nous offrir…

"Un privé à Tanger" d’Emmanuel Hocquard (France)

Toujours autant de plaisir à relire cet ensemble de texte qui font de la poésie un genre de la modernité, de la curiosité, de l’appréhension du vécu, de la vie avec toutes ses variantes et ses aspects déroutants ou familiers. Belle initiative d’avoir réimprimé en poche en point Seuil il y a trois ans ce livre mythique qui concilie les lectorats les plus divers des chercheurs d’histoires et des adeptes de l’érudition tout en étant face à une écriture généreuse et intime, face à la mémoire et à l’amitié et à la vie en poésie. Textes courts, de formes diverses, mêlant réflexion et mémoire, ce livre est un monument dans l’histoire poétique contemporaine. Il y a un indéniable style et art de conter les anecdotes aussi bien que le plus vital de l’existence. Un privé à Tanger est une enquête sur soi et la poésie et sur ce qui est le plus marquant dans une vie, des souvenirs à la construction d’une personnalité. Emmanuel Hocquard a par sa démarche eu une influence déterminante pour la poésie française notamment avec sa maison d’édition Orange Export LTD. Nombre de ses livres sont à conseiller, chez P.O. L., tel Ma Haie (2001).

"Sentiments au cœur" de Balla Ngom (France / Sénégal)

Le titre pourrait paraître naïf, mais pas du tout en fait, car ce que l’on reprochait à Ivan Bounine, poète et nouvelliste russe prix Nobel de littérature, c'était de s’attacher aux passions qui faisaient sens à toutes vies. Car rien n'est plus essentiel que notre vie intime si difficile à décrire et à exprimer.

Balla Ngom réussit une œuvre fort réussie, ne tombant pas dans la facilité, toujours en nuance et sous tension.

mercredi, octobre 04, 2017

"Abigaël" de Magda Szabó (Hongrie)

Très troublant roman de Magda Szabó écrit en 1970, publié en français à l’occasion du centenaire de la romancière.
Avec un style si particulier faisant contraster la vie Budapestoise avec la vie recluse de Matula, institution calviniste très rude. C’est ici l’art du secret, du courage, de la résistance, de la solidarité en cette période abominable de la deuxième guerre mondiale et du nazisme. Les vrais héros sont discrets, attentifs, prévoyants, imaginatifs et dans ces dures épreuves, des êtres justes veillent à la justice et à la sauvegarde des personnes.

lundi, septembre 25, 2017

"Après l’hiver" de Guadalupe Nettel (Mexique)

J’en ai parlé hier samedi, lors de la première réunion des Collecteurs saison 3 ! Je ne l’avais pas encore terminé, mais c’est désormais chose faite…
Alors, voilà ce qu’en dit l’éditeur :
"Claudio, exilé cubain de New York, a une seule passion : éviter les passions. Cecilia est une jeune Mexicaine mélancolique installée à Paris, vaguement étudiante, vaguement éprise de son voisin, mais complètement solitaire. Chapitre après chapitre, leurs voix singulières s’entremêlent et invitent le lecteur à les saisir dans tout ce qui fait leur être au monde : goûts, petites névroses, passé obsédant. Chacun d’eux traîne des deuils, des blessures, des ruptures. Lorsque le hasard les fait se rencontrer à Paris, nous attendons, haletants, de savoir si ces êtres de mots et de douleurs parviendront à s’aimer au-delà de leurs contradictions.

jeudi, septembre 21, 2017

"La distance qui nous sépare" de Renato Cisneros (Pérou)

4ème roman de ce jeune auteur péruvien de 41 ans, également journaliste et poète, qui vit à Madrid. C’est un livre qu’il portait en lui depuis une dizaine d’années et c’est sans doute la lecture, notamment, de « Lettre au père » de Kafka et de « L’invention de la solitude » de Paul Auster qui en ont été l’élément déclencheur.
Cette passionnante et douloureuse enquête est née de blessures intimes : la perte de son père alors qu’il n’avait que 18 ans. Un père qui voulait tout contrôler, façonner ses enfants à son image, qui entretenait deux familles, un père qui n’était pas n’importe quel père mais le tout puissant général Cisneros Vizquerra, « El Gaucho Cisneros ». Il lui fallait savoir qui était vraiment ce père, tenter de le comprendre pour pouvoir avancer.
P 232 : « je ne parviendrai jamais à résoudre le grand paradoxe que fut mon père, à me débarrasser de ce boulet dont le poids n’a cessé d’augmenter sur mes épaules jusqu’à les déformer »
Raconter l’histoire de cet homme c’est d’abord parler de ce jeune péruvien exilé avec sa famille à Buenos Aires dans les années 30, introverti, passionné par la danse et la musique, qui est envoyé à l’école militaire où il est le condisciple de Videla et d’autres futurs génocidaires.

"Le livre que je ne voulais pas écrire" d'Erwan Larher (France)

Il ne voulait pas l’écrire, ce livre mais il ne pouvait pas ne pas l’écrire. Et il nous arrive comme un coup de poing dans la figure qui vous laisse K.O. C’est que lui, Erwan Larher, fan de rock depuis toujours, était au Bataclan le 13 novembre 2015. Écrivain, auteur notamment de « Marguerite n’aime pas ses fesses » (2016) et de « L’abandon du mâle en milieu hostile » (2013) il a vécu ces heures d’enfer et en est sorti vivant, sérieusement blessé mais vivant. Poussé par ses amis qui lui disaient que son « devoir » était de témoigner, il a beaucoup hésité puis, sans doute parce que c’était une nécessité profonde, viscérale, il a fini par se dire qu’il ne pouvait se dérober.
Mais comment trouver le ton juste, sans tomber dans le larmoyant ou le voyeurisme (et pourtant…) Comment traduire ce qui est de l’ordre de l’indicible. Il dit qu’il court après ce livre, qu’il doit « le dompter. L’apprivoiser. » Et que « sans cesse il se dérobe. » En fait, il va « écrire autour » de ce drame, « Écrire parce que tu n’as pas le choix, porté par une force qui te dépasse ; autour parce que tu es romancier et non chroniqueur, parce que tu ne peux façonner un texte qu’en appétant faire littérature. Ni témoignage ni récit, donc. Inventer autre chose. Forme. Langue. »

dimanche, août 06, 2017

"L'homme qui plantait des arbres", de Jean Giono (France)

Vous connaissez certainement l'histoire du colibri qui participe activement à éteindre un feu de forêt en amenant quelques gouttes d'eau dans son bec, popularisée par Pierre Rabhi...
mais connaissez-vous celle de l'homme qui plantait des arbres ?
Si ce n'est pas le cas, je vous invite très sincèrement à la lire

mercredi, juillet 26, 2017

"Femme du monde", de Didier Goupil (France)

C’est un livre que peut-être on ne trouve plus dans les librairies que je viens de retrouver dans ma bibliothèque. Un de ces livres qu’on découvre par hasard, et qu’on oublie plus, et qui vous obsède. 105 petites pages racontent l’histoire de Madame, une vieille dame qui vit au Ritz à Paris, aime le thé et les bains brûlants, se promène dans Paris sur les traces de Proust et de Racine, reçoit tous les jours un coup de fil de sa petite nièce.
Madame est diaphane, elle a traversé le vingtième siècle légère comme une ombre, femme du monde et femme du Monde et elle porte en elle les ombres du passé, d’un passé terrible qui nous est révélé peu à peu et qui est aussi le nôtre.

vendredi, juillet 07, 2017

"In Utero" de Julien Blanc-Gras (France)

Dans « La Femme Brouillon » publié en septembre 2016 à la Contre Allée Amandine Dhée parlait avec beaucoup de force et de justesse associées à une belle pointe d’humour de la grossesse, de la difficulté d’être à la fois femme et mère, de « la violence d’être habitée par un autre », de la peur d’être dépossédée de son identité, de celle aussi de ne pas être une bonne mère et de son refus de n’être que cela. C’est un livre qui nous avait beaucoup plus ici et dont Laurence avait parlé avec enthousiasme.
Si je rappelle cela c’est que je viens de lire « In Utero » de Julien Blanc-Gras publié en 2015 au Diable Vauvert et réédité en Livre de Poche. Si le titre n’est pas génial, ...

samedi, juin 24, 2017

"Mon citronnier" de Samantha Barendson (France)

Samantha Barendson est née en 1976 en Espagne, de père italien et de mère argentine. Elle écrit en français, en espagnol et en italien. Elle est poète mais aussi romancière depuis peu, puisqu'elle vient de publier son premier roman en janvier 2017, Mon citronnier.
Après avoir lu l'anthologie poétique Los cuerpos del delito, de Alfons Cervera, elle est tellement fascinée qu'elle décide de lui répondre et publie son premier recueil, en édition bilingue espagnol-français, Los delitos del cuerpo-Les délits du corps (en 2011, chez Christophe Chomant Editeur).
En 2015 elle reçoit le prix René Leynaud pour son recueil Le citronnier : il s'agit d'une enquête poétique où elle part sur les traces de son père, Francisco Barendson, décédé lorsqu'elle avait deux ans.
Mon citronnier est l'histoire romancée de cette même enquête-quête identitaire : à travers les témoignages de membres de sa famille, d'amis, d'anciennes connaissances... elle dessine peu à peu un portrait de son papa disparu.

jeudi, juin 08, 2017

"Les disparus" de Patricio Sanchez Rojas (France-Chili)

Patricio Sanchez Rojas est poète, enseignant et traducteur franco-chilien. 
 
Son dernier recueil, Les disparus, est un hommage aux victimes de la dictature de Pinochet.
Il évoque la nostalgie du bonheur des jeunes années, le temps qui passe, la douleur de l'exil. Il s'élève contre les injustices et dénonce l'impunité dont bénéficient les bourreaux. 
 
Extrait, avec ce poème intitulé

mardi, mai 30, 2017

« Celui qui doute » d’Emmanuelle Bessot (France)

Ce roman est le nouvel objet littéraire non identifié des Éditions Yovana dont on peut désormais penser que c’est la marque de fabrique !
Après la poésie autobiographique de «Et ton absence se fera chair » de la marocaine Siham Bouhlal, le carnet de voyage intérieur de « La Solitude du Quetzal » du français Jacky Essirard et le curieux petit livre de bord d’« Empreintes » de la québecoise Christine Gilliet (dont je vous parlerai très bientôt), nous voici, avec « Celui qui doute » d’Emmanuelle Bessot, face à un roman anthropologique !
« Hommage à la culture lakota et troublante enquête anthropologique sur nos origines, Celui-qui-Doute nous entraîne dans une épopée haletante à travers les continents et les âges. » nous éclaire l’éditeur.

mardi, mai 09, 2017

« La nuit je mens » de Cathy Galliègue (France – Guyane)

Avec un style simple et direct, Cathy Galliègue nous entraîne à la vitesse de la lumière à travers une double histoire d’amour. De ces sortes d’amour qui entraînent tellement loin à l’intérieur de soi et de l’autre que la vie quotidienne passe très vite au second plan.
Mathilde vit une très belle histoire avec Gaspard, un garçon parfait, parfaitement amoureux d’elle. Cette histoire serait complètement parfaite selon Mathilde si elle se délocalisait en Italie où vit la famille de Gaspard. Mais Mathilde a connu un autre grand amour.

jeudi, mars 30, 2017

"Contestaciones" de Rafael Cadenas (Vénézuela)

Si vous nous lisez depuis quelques temps déjà, vous savez sans doute que Rafael Cadenas est un poète vénézuélien dont l’œuvre a été saluée par l’attribution de nombreux prix de poésie au fil des ans - parmi lesquels le Prix international de poésie Federico García Lorca en 2015 - et que Les Collecteurs ont déjà eu l’immense plaisir de recevoir à Montpellier à plusieurs reprises.
Depuis des années, Rafael nous interpelle grâce à ses vers fulgurants, percutants. Dans ce dernier opus, il va encore plus loin. Il pose sur le papier les répliques que lui inspire la lecture des vers et phrases de quelques un de ses pairs, illustres pour la plupart d’entre eux. « Contestaciones », ce sont des réponses donc. Mais ce sont aussi des contestations ! Rafael n’hésite pas à polémiquer et à contredire pour notre plus grand plaisir...

"Jésus et Tito" de Velibor Čolić (Bosnie / France)

Jésus et Tito, est en sous-titre un «roman inventaire», passionnant témoin de la Yougoslavie Titiste vue depuis l’enfance de l’auteur (né en 1964). Ce roman nous fait partager avec la verve et l’humour d’un Perec ou d’un Hašek ces moments de vie avec beaucoup de saveur d’autant plus captivante que le découpage maintient le rythme et soutient l’envie de poursuivre sa lecture à travers ce livre qui avec une bonne dose d’ironie et de dérision nous plonge avec délice dans son univers.
Ce livre désormais en poche, publié en France précédemment en 2010, Velibor Čolić l’a écrit en français, c’est une très belle réussite où l’ambitieuse création instruit avec humour.
A lire absolument si vous n’avez pas de temps à perdre !
François Szabó


samedi, mars 25, 2017

"Ce que je disais aux morts", de Wladyslaw Szlengel (Pologne)

Ces poèmes du ghetto de Varsovie composés en 1942-1943 sont saisissants et sont parvenus jusqu’à nous par le miracle de personnes héroïques. Nous voyons bien ici que dans les pires situations, les créations artistiques et leur partage sont les seules issues et seuls éléments pouvant et devant être transmis afin, on l’espère, que l’Histoire ne bégaie pas.

Il y a à la fois le vertige de la lucidité et la capacité de dire avec une efficace et douloureuse économie de moyens la béance de chaque vie disparue.

mardi, mars 21, 2017

"Contre-jour", de Sara Rosenberg (Argentine)

Une silhouette à contre-jour sur la couverture d’un livre. C’est un cerf. Pourquoi est-il là ?
C’est en premier lieu ce qui attire, le graphisme, et puis la qualité du papier si agréable au toucher, le choix de la mise en page et des caractères et le désir d’en savoir plus. C’est toujours ce qui se passe avec les Editions de la Contre Allée et c’est ce qui s’est passé avec ce roman de Sara Rosenberg qui vient de paraître. 
Ce livre, c’est « Contre-Jour » et ce cerf, c’est celui qui hante les nuits de Griselda Koltan comédienne argentine exilée à Madrid depuis de nombreuses années avec son compagnon metteur en scène engagé, Jerónimo Larrea.

vendredi, mars 17, 2017

"Les ténèbres diurnes", de Sergueï Stratanovski (Russie)

Les éditions Circé nous font découvrir avec cette édition bilingue un poète bien trop méconnu mais qui se révèle un témoin de l’agonie de l’Union Soviétique et de la permanence tragique de la Russie post soviétique. Cet immense empire n’est pas homogène loin de là et les tensions idéologiques ou cultuelles existent depuis toujours et se poursuivent dans une cavalcade effrénée.
Mais c’est bien l’humanité dans sa chair souffrante qui est sujet et non l’Histoire,

lundi, mars 06, 2017

"Liquidations à la grecque" de Petros Markaris (Grèce)

Les Collecteurs préparent leur Comédie ! Voici une nouvelle chronique de Françoise… Au delà de celle-ci, n’hésitez pas à aller lire tous nos derniers articles, tous se rapportent à des livres et des auteurs que vous aurez l’occasion de croiser en mai !
« Petros Markaris, né en 1937 et qui sera présent à la prochaine Comédie du Livre est auteur de romans policiers qui sont en Grèce des best sellers. Economiste de formation il a aussi écrit pour le théâtre, le cinéma et est le traducteur en grec de Goethe et de Brecht.

"Frictions" de Pablo Martín Sánchez (Espagne)

Les Collecteurs se préparent à la 32è Comédie du Livre qui invite notamment La Contre Allée. Alors Marc nous réinvite à lire Frictions dont il avait parlé sur son très bon blog !
« Les humains sont épris d'ordre. Les humains passent le plus souvent leur temps - quoi qu'ils en disent ou pensent par ailleurs - à mettre le monde et les choses en ordre, à les ranger, les classer, les catégoriser... à les nommer et les renommer sans cesse. Le langage lui-même n'est-il pas autre chose qu'une activité de classement, de mise en ordre des sons qui font des signes ou des mots, que l'on arrange pour faire des phrases? Je ne sais plus quel linguiste ou sémiologue disait que c'est de la combinaison que naît le sens. Que se passe-t-il alors quand vient le désordre? Quand les mots n'obéissent plus aux phrases? Quand les évènements brouillent les récits, quand les idées et les images vagabondent sans avoir cure du sujet ou du thème? C'est une des choses que nous fait explorer et expérimenter Pablo Martín Sánchez, en bon OuLiPien et dans un certain désordre.

vendredi, mars 03, 2017

"Témoin" de Sophie G. Lucas (France)

Étrange petit livre que celui-ci, publié l’année dernière par les éditions de la Contre Allée invitées à la prochaine Comédie du Livre de Montpellier. Pour l’écrire, Sophie G. Lucas, qui y sera également présente, a assisté pendant plusieurs mois aux audiences du tribunal de grande instance de Nantes et ce sont comme les minutes de ces audiences qu’elle nous livre là. Des textes courts au style incisif, rugueux, dépouillé, comme des coups de poing qui réveillent les consciences. Plusieurs voix racontent, ce qui donne de la profondeur à chaque petit texte. Et à travers ces paroles c’est tout un pan de notre société malade qui nous saute à la figure, celle des laissés pour compte, de ceux qui n’ont pas eu de chance et qui souvent reproduisent la violence qu’ils ont eux-mêmes subie. :

dimanche, février 26, 2017

"Soldados de Salamina" de Javier Cercas (Espagne)

Javier Cercas, né en 1962, est un écrivain et traducteur espagnol, professeur de littérature à l'université de Gerona. Il a publié huit romans, des nouvelles, plusieurs essais et quelques chroniques (il est chroniqueur pour le journal El País). Soldados de Salamina, publié en 2001, fut un vrai succès éditorial en Espagne et dans d'autres pays.

Le titre du roman, Les soldats de Salamine, est une allusion à la défaite navale perse, en 480 avant JC, qui symbolise la douleur des vaincus devant la puissance athénienne.

vendredi, février 03, 2017

« La Femme brouillon » d’Amandine Dhée et « L’accouchement est politique » de Laëtitia Négrier et Béatrice Cascales (France)

Dans l’écriture créative tout comme dans l’essai argumenté, il y a un sujet qui paraît toujours un peu problématique à aborder. Et lorsque ce sont des femmes qui prennent la plume, euh pardon, le clavier, ça semble même encore un peu plus compliquer la donne… Ce sujet : la maternité. Elles sont à la fois les mieux placées pour en parler, et très agacées d’être presque systématiquement questionnées sur la particularité féminine de leurs sujets d’écriture, voire de leur manière d’écrire...
Mais ces dernières semaines, j’ai eu le plaisir de faire deux lectures passionnantes et jubilatoires et qui se rejoignent sur ce thème-là assez essentiel à tout…… à l’humanité, à nos vies personnelles, à nos sociétés, au présent, à l’avenir….. bref… sur ce sujet central à nos vies.
Dans l’ordre inverse de mes lectures donc…

samedi, janvier 28, 2017

« Le Papillon », « L’Homme qui savait la langue des serpents », et « Les Groseilles de novembre » de Andrus Kivirähk (Estonie)

Aujourd’hui, François nous parle de trois romans venus du nord ! Et voici ce que l’éditeur français, Le Tripode, dit de cet auteur estonien :
« Andrus Kivirähk est un écrivain estonien né en 1970 à Tallinn. Phénomène littéraire dans son pays, journaliste et essayiste, son œuvre importante suscite l’enthousiasme d’un très large public qui raffole de ses histoires. Il écrit des romans et des nouvelles, des pièces de théâtres, des textes et des scénarios de films d’animation pour enfants. »

samedi, janvier 14, 2017

"Chronique transylvaine" de Miklós Bánffy (Hongrie)

Chronique transylvaine (3 tomes) de Miklós Bánffy. Traduit du hongrois par Jean-Luc Moreau. Editions Libretto :
1, Vos jours sont comptés (758 p), 2002

2, Vous étiez trop légers (600p), 2004

3, Que le vent vous emporte (421 p), 2006

Magnifique fresque d’un monde disparu (1905-1914), cette trilogie sur cet univers dépaysant de Transylvanie, peuplée de Magyars, de Sicules et de Roumains, province de Hongrie puis de Roumanie désormais, qui ne connût que très brièvement une indépendance, nous fait vivre ici avec une passion désarmante, les événements de l’Histoire et des histoires intimes d’artistes désespérés, de députés bretteurs ou pleins d’idéaux de justice , de femmes aimantes et de mères possessives, de majordome tyran ou d’adolescente rêveuse…

jeudi, janvier 05, 2017

"La lengua de los ahogados", de Fernando Clemot (Espagne)

Comme Rimbaud, cité en exergue, qui souhaitait rapporter de l’or de ses voyages dans les profondeurs, Fernando Clemot, dans ce très beau petit livre, fait émerger des histoires oubliées qui s’entrecroisent et se répondent. Ces histoires, elles ressemblent aux vagues qui indéfiniment viennent mourir sur la grève, histoires humaines, venues d’un passé enfoui et qui refont surface : « Mi imagen de la memoria siempre ha sido la de unas olas batiendo en una playa….olas y memoria vienen de lejos. Ambas nacen de un impreso movimiento mar adentro y traen sedimentos y metralla del fondo » (p63) (ma vision de la mémoire a toujours été celle de vagues s’abattant sur la plage…. Les vagues viennent de loin. Elles naissent d’un mouvement initié en eaux profondes et rapportent des profondeurs des sédiments et des déchets). Et apparaissent, comme autant de vagues venues de loin, des lieux qui semblent avoir oublié le passé mais que le récit fait revivre : un barrage où un beau jeune homme aux yeux verts s’est noyé ; un appartement vide où le narrateur cherche à retrouver la trace des anciens locataires ; un train où il avait entendu un chanteur des rues à la voix d’ange ; une petite ville frontalière en Amérique du sud liée à un souvenir d’enfance douloureux ; un village en Bolivie qu’une compagnie minière a dépossédé de sa culture, le golfe de Finlande où une jeune femme triste croit voir à la surface de la mer un homme qui appelle au secours ; une maison où les armoires vides et le bruit des cintres qui bougent renvoient le narrateur à sa solitude….

dimanche, janvier 01, 2017

Meilleurs voeux !

En ce début d'année 2017, souhaitons à tous les amoureux de la lecture une très belle année, riche en découvertes et en partages. Car les livres sont l'une des plus belles ouvertures sur le monde !
Je veux remercier ici, chaleureusement, notre petit groupe de lecteurs, toujours et de plus en plus passionné, enthousiaste, créatif, enrichissant. Continuez comme ça ;)


Pour les personnes qui vous ne nous connaissent pas encore, nous vous invitons à venir nous rendre une petite visite !