vendredi, juin 24, 2016

"La Solitude du Quetzal" de Jacky Essirard

 Avec les beaux jours, on ne lit pas moins, mais on passe moins de temps devant un écran ;o) ! Bon, on va quand même essayer de se rattraper avant la trêve estivale !

Voici donc le sympathique petit deuxième* des toutes jeunes Éditions Yovana, un carnet de voyage. La Solitude du Quetzal nous emmène sur les routes du Guatemala où celui qui tient le stylo tente d'oublier une grosse déconvenue amoureuse... Il est venu chercher le dépaysement et l'oubli, mais - c'était prévisible ! - on ne se débarrasse pas si facilement des choses qui nous blessent, ça se saurait !
Alors, d'étape en étape, on découvre avec lui des bribes de paysage, de ville, de village, de rivage, etc. On rencontre des chauffeurs, des vendeurs - toujours beaucoup de vendeurs quand on est touriste ! -, des homologues, et aussi quelques habitants - si si ! quand on en a envie, on réussit toujours à en rencontrer... Mais invariablement, dans le récit de chaque étape, la raison du voyage, ce que le voyageur cherche à tout prix à oublier, s'invite en impromptu, en boucle, en leitmotiv...

Reste au bout du compte, pour le voyageur comme pour le lecteur, une somme d'impressions, d'images, qui ne sont bien entendu pas la "réalité" du pays, mais plutôt la réalité d'une transition... Ce voyage, ce récit, c'est un très beau moyen d'occuper le temps, non pas de la guérison, mais de la cautérisation ! Si le voyage ne change rien aux faits, le temps passé à voyager aide à apprendre à vivre avec les faits... Jacky Essirard nous a fait profiter du voyage et c'est tant mieux !



Jacky Essirard est auteur donc, mais il a aussi publié des recueils de poésie, écrit des nouvelles et illustré de nombreux livres d'artistes. Il vit dans le Maine et Loire.


"La Solitude du Quetzal" de Jacky Essirard, éditions Yovana, 2016. 131p.


Deux brefs extraits pour vous donner un aperçu !

"Le soir je refais le parcours dans ma chambre d'hôtel, constate que je n'ai pas beaucoup parlé, quelques mots au chauffeur, des banalités. Je rassemble dans mon carnet ce que mes yeux ont vu du Nouveau Monde qui déjà se fixe dans ma mémoire. J'écris pour me souvenir mieux, et pour oublier les dernières semaines en France. Le voyage qui m'emporte hors de mes limites se construit en moi. Je sais que je ne pourrai pas tout inscrire : les sons et les parfums resteront ici." (p. 16)

"J'ai des remords. J'ai accéléré le pas, mais pour aller où ? Faire quoi ? Je n'en sais rien. Je mesure à Pana l'ennui profond qui me colle à la peau. Où qu'on aille, on voyage avec soi, et il n'y a pas meilleur ennemi que soi-même." (p. 84)

* : Le 1er, nous vous en parlions là : http://versionlibreorg.blogspot.fr/2016/03/et-ton-absence-se-fera-chair-de-siham.html !

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